Courtier en travaux : franchisé ou indépendant ?

Franchisé ou indépendant

Après plusieurs années d’expérience comme formateur au métier de courtier en travaux AMO, voici mon analyse sur l’intérêt ou non de s’engager sous la bannière d’une franchise. J’aborde ici plusieurs points : la question de l’investissement financier, la question de l’accompagnement pour le lancement de son activité, la question du taux de courtage appliqué, la question des supports de communication, la question de la formation initiale et continue.

La question de l’investissement financier

Comme l’argent est le nerf de la guerre, je choisis d’aborder cette question en premier. D’une franchise à une autre, l’apport financier initial varie, mais le plus souvent, il faut mettre sur la table entre 10.000 et 85.000 euros. Par exemple, en 2025, Illico Travaux demande un investissement de départ de 80.000 euros (en comptant un apport personnel de 25.000 euros environ), avec proposition de mise en place d’un emprunt bancaire.

Ainsi, la question financière pèse lourd dans la balance pour un futur courtier en travaux AMO. La question de tout investissement est sa rentabilité. Si vous achetez une maison et que vous la revendez 10 ans après, vous espérez que ce bien immobilier aura pris de la valeur et que vous obtiendrez une plus value de 6 à 10%, voire bien davantage. De même, en investissant dans une franchise, vous êtes en droit d’espérer une réelle plus value et que votre mise de fonds initiale n’est pas de l’argent jeté par la fenêtre. La question se pose donc en ces termes : vais-je gagner 5 à 10.000 euros de plus par an qu’un courtier en travaux indépendant ?

Je ne parle même pas du pourcentage de rétrocession d’honoraires à la franchise qui se rajoutent (entre 3 et 5% du chiffre d’affaires du courtier en travaux)… La question financière est LA GROSSE question qui freine le plus souvent le candidat à franchir le pas d’un engagement auprès d’une franchise. Notez qu’il existe ici et là des franchises moins gourmandes et qui essaient de se démarquer des plus grosses enseignes. Pour aller plus loin, je vous invite à jeter un oeil sur le site internet de TOUTE LA FRANCHISE qui répertorie de manière synthétique le positionnement commerciale des différentes enseignes : https://www.toute-la-franchise.com/recherche_franchise.php

Quel accompagnement pour lancer son activité de courtier en travaux ?

La force des réseaux de franchises est indéniablement la prestation d’accompagnement initial et continu. En effet, plupart des franchises de courtage en travaux proposent des services de soutien commercial, techniques et juridiques. L’expérience des « anciens » est cumulative et permet ainsi d’apporter un savoir faire dont bénéficient les nouveaux arrivés. Le maillage commercial au niveau territorial et national permet la mise en place d’un réseau d’artisans quasiment clé en main pour le nouveau courtier en travaux. Concrètement, cela permet de gagner deux ou trois mois par rapport un indépendant qui devrait constituer tout seul son propre réseau d’entreprises partenaires.

La franchise constitue représente aussi un portefeuille d’apport d’affaires dont pourra bénéficier le nouvel installé. Cette perspective est assez rassurante pour débuter : on est alors quasiment certain d’avoir sans trop de délai des projets de rénovation à orchestrer ! Mais en retour, il y a une commission à reverser à la franchise (entre 5 et 10% du chiffre d’affaire réalisé selon les enseignes). Il faut là encore peser le pour et le contre. Un courtier en travaux indépendant prendra davantage de temps pour décrocher ses premiers contrats, mais sa marge sera beaucoup plus importante. A ce sujet, les franchises communiquent souvent sur le chiffre d’affaire moyen de leurs franchisés au bout de 2 ans. Mais, il ne faut oublier de déduire les charges inhérentes à la franchise et les commissions à reverser. Vous verrez plus bas dans un tableau de synthèse qu’un indépendant gagne nettement mieux sa vie qu’un franchisé.

Finalement le franchisé bénéficie d’un solide soutien de son réseau pour se lancer, ce qui fait la réelle force des grosses franchises. La question est de vérifier si le jeu en vaut la chandelle. Il n’est pas rare, au bout de quelques années d’exercice, que des franchisés quittent leur réseau pour s’installer 100% à leur compte.

Un taux de courtage prohibitif ?

Pour aborder cette question, il faut se rappeler d’où nous venons. C’est à dire, il faut resituer le métier du courtage en travaux dans le cadre historique des métiers du bâtiment. Comme pour les médecins, il n’y a pas si longtemps encore, les architectes ou maitre d’œuvre se déplaçaient à domicile pour accompagner leurs clients dans leurs projets. Il n’existe malheureusement quasiment plus de médecins généralistes qui viennent soigner les gens chez eux… De même, il n’existe presque plus d’architecte qui s’intéressent aux petites rénovations ou extensions ; ils ne se déplacent plus pour ce genre de missions, jugées insuffisamment rentables. C’est dans ce contexte que le métier de courtier en travaux – Assistant maitre d’ouvrage (AMO) est né à destination des particulier. L’enjeu est de répondre à un besoin très important attendu par les clients d’être accompagnés en proximité y compris pour des petits projets de rénovation. Aujourd’hui, de nombreux architectes s’arrêtent aux missions de dépôts de permis de construire et délèguent la recherches des entreprises et le suivi des travaux à des OPC (Ordonnancement, Pilotage de Chantier). Ainsi, le travail d’accompagnement se morcèle et les clients n’ont pas les mêmes interlocuteurs tout au long des phases du projet…

C’est donc dans ce contexte que les courtiers en travaux tirent leur épingle du jeu en proposant un accompagnement de A à Z depuis la phase de programmation jusqu’à la réception des travaux, en passant par la négociation des devis pour obtenir un marché travaux le plus concurrentiel possible. Mais, au final, combien va-t-il en coûter au client ? Les franchises appliquent un taux de courtage sur le devis des artisans souvent entre 15 et 20% du marché travaux HT. Et parfois, elles facturent aussi des honoraires d’AMO (Assistance à Maitrise d’Ouvrage) directement au client (de 3 à 5% parfois). Même si le courtier en travaux apporte une vraie plus value aux artisans en ayant bien débroussaillé les attentes du maitre d’ouvrage et en produisant un descriptif complet des attentes, il faut bien savoir que les entreprises ne vont pas rogner leur marge pour les beaux yeux du courtier en travaux. Cela signifie que la commission à reverser au courtier se « rajoute » clairement aux prix du devis artisan. J’évalue à 3% la plus value réelle apportée par le courtier en travaux à l’artisan. Si le taux de courtage applique est de 20%, cela signifie dans la pratique que le client verse (indirectement) 17% de commission au courtier en payant l’artisan.

Pourquoi ai-je parlé des architectes au début de ce paragraphe ? Il faut savoir que les honoraires d’un architecte dépassent rarement 12% du budget travaux payé par le client maitre d’ouvrage. Même si l’on compte une rétro commission de 3%, souvent pratiquée entre architectes et artisans, on arrive donc au maximum à 15%. Il ne faut pas oublier d’où nous venons et notre histoire. Donc, si l’on veut crédibiliser la profession du courtage en travaux, il ne faut pas, selon moi, appliquer un taux de courtage supérieur à 15% (tout compris) : Honoraires d’AMO + courtage. Vous allez vite comprendre que, dans le cadre d’une franchise, c’est totalement impossible. Seuls les courtiers indépendants peuvent appliquer cela et rester fidèles à une certaine tradition d’honoraires. Finalement, ce sont les 5% reversés à la franchise qui plombent la crédibilité financière à mon sens.

De meilleurs supports de communication grâce à une franchise ?

La réponse est oui. La force d’un réseau est de disposer clairement d’outils expérimentés. Le budget communication d’une franchise est important, avec un rayonnement d’efficacité bien plus grand que celui d’un courtier en travaux tout seul. Une question se pose cependant : une grosse visibilité médiatique est-elle nécessaire pour générer un chiffre d’affaire suffisant ? Une équipe logistique et commerciale permet d’accompagner le franchisé débutant dans le lancement de son activité. Ce service est très rassurant. Les supports lié à la marque et l’enseigne sont aussi gage de confiance vis à vis des premiers clients.

Mais, un bon site internet vitrine et une communication ciblée auprès des journaux locaux fait très bien le travail. Au bout de deux ans d’exercice, c’est surtout le bouche à oreille qui fonctionne le mieux. Une pancarte de chantier est aussi un outil de visibilité qui rapporte des clients. Finalement, un courtier indépendant verra son chiffre d’affaire monter moins rapidement que celui d’un franchisé car ces outils de communication sont moins performant, mais au bout de deux ans, c’est l’inverse qui se vérifie. Le courtier en travaux indépendant se fait connaître et ses charges de fonctionnement sont moindres. La communication est moins nécessaire alors et la marge nette est plus importante.

Le courtier en travaux indépendant devra se faire aider pour réaliser un site internet vitrine performant et se créer une page Google My Business bien référencée. Une fois cela réalisé, il aura les outils nécessaires et suffisant pour une bonne implantation locale. Je conseille aussi de se spécialiser dans des prestations ciblées pour se démarquer des concurrents potentiels. Cette stratégie commerciale est bien expliquée au sein du cursus de l’Institut de formation de courtier en travaux.

Quelle formation initiale et continue ?

Sur cette question, la réponse est claire : l’INSTITUT DE FORMATION DE COURTIER EN TRAVAUX dispense le contenu le plus complet et le plus abouti actuellement en France. La formation 100% en ligne est assortie d’un coaching individuel pour un prix défiant toute concurrence : 480 heures de formation alors que les franchises ne dispensent que 125 heures pour les plus solides d’entre elles. Le prix est de 3.040 euros alors que les prix chez Illico travaux ou la Maison des travaux avoisinent les 7.500 euros voire 8.520 euros (source : le site de France Travail – Il faut cliquer sur chaque formation décrites et obtenir les informations précises sur chacune d’elles).

Tout le monde comprend aisément qu’on apprend pas un métier en 4 semaines. Il faut bien plusieurs mois, voire une année. La formation de l’IFCT demande 4 mois à plein temps, mais le plus souvent, les stagiaires travaillent à leur rythme et accomplissent le cursus en 8 à 10 mois environ. La force de cet organisme de formation est d’être totalement indépendant. Il permet aux stagiaires de rentrer en contact les uns avec les autres. Ainsi, des liens et des collaborations se nouent souvent entre eux, ce qui crée une sorte de réseau informel d’anciens de l’IFCT. La formation continue est assurée grâce aux modules de formation complémentaires IFCT CLUB+. Il suffit de voir les avis de la page Google pour comprendre la solidité et la pertinence de cette formation qui permet sereinement de se lancer à son compte.

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