Barbacane : définition, rôle et fonctionnement dans un mur de soutènement

La barbacane est une petite ouverture qui peut jouer un rôle essentiel dans la gestion de l’eau au droit d’un mur de soutènement, d’une terrasse ou de certains ouvrages de maçonnerie. Pourtant, ce dispositif reste souvent mal compris : à quoi sert réellement une barbacane ? Est-elle indispensable ? Combien faut-il en prévoir ? Une barbacane suffit-elle à assurer le drainage d’un mur ?

Cet article présente l’origine du terme barbacane, sa définition dans le domaine de la construction, son fonctionnement et les principales précautions à prendre lors de la conception ou de l’examen d’un ouvrage.

Qu’est-ce qu’une barbacane ?

Dans le domaine du bâtiment, une barbacane est une ouverture ménagée dans un mur afin de permettre l’évacuation vers l’extérieur de l’eau présente derrière ou au droit de celui-ci.

Elle est particulièrement rencontrée sur les murs de soutènement, les murs retenant des terres, certains murs de terrasse ou encore des ouvrages anciens en maçonnerie.

Son principe est extrêmement simple : plutôt que de laisser l’eau s’accumuler derrière le mur, on lui ménage un chemin permettant de s’évacuer par gravité.

La barbacane peut ainsi prendre la forme d’une petite ouverture traversante, généralement située dans la partie basse du mur.

L’Académie française définit notamment la barbacane, dans le domaine du bâtiment, comme une petite ouverture pratiquée dans un mur de terrasse ou de soutènement afin de permettre l’écoulement des eaux d’infiltration.

Pourquoi installer une barbacane dans un mur de soutènement ?

Lorsqu’un mur retient des terres, l’eau constitue un élément particulièrement important à prendre en considération.

Après des précipitations, les terres situées derrière le mur peuvent se charger en eau. Si cette eau ne peut pas s’évacuer correctement, elle peut exercer une pression hydrostatique sur la face arrière du mur.

Cette pression vient s’ajouter à la poussée exercée naturellement par les terres.

C’est pourquoi la gestion des eaux constitue un élément essentiel de la conception d’un mur de soutènement.

La barbacane permet, dans certaines configurations, de limiter l’accumulation d’eau derrière le mur en favorisant son écoulement vers l’extérieur.

On comprend alors pourquoi une ouverture de quelques centimètres peut avoir une fonction importante pour la pérennité d’un ouvrage beaucoup plus imposant.

Comment fonctionne une barbacane ?

Le fonctionnement d’une barbacane repose principalement sur la gravité.

L’eau qui s’accumule derrière le mur peut rejoindre l’ouverture puis s’écouler vers l’extérieur.

Pour fonctionner correctement, la barbacane doit donc :

  • être correctement positionnée ;
  • présenter un cheminement permettant l’écoulement de l’eau ;
  • ne pas être obstruée ;
  • déboucher librement à l’extérieur ;
  • être intégrée dans un dispositif global de gestion des eaux.

Dans un mur de soutènement correctement conçu, la barbacane peut être associée à un drain situé derrière le mur, à une couche drainante et à différents dispositifs destinés à collecter et évacuer les eaux.

Il est donc important de comprendre qu’une barbacane ne constitue pas nécessairement, à elle seule, un système complet de drainage.

Barbacane et drainage : deux notions à ne pas confondre

C’est probablement l’une des principales confusions rencontrées sur le terrain.

Une barbacane est une ouverture d’évacuation.

Un dispositif de drainage est un système destiné à collecter, canaliser et évacuer l’eau.

Une barbacane peut donc participer au drainage d’un mur, mais la présence de quelques barbacanes ne permet pas nécessairement de conclure que le drainage de l’ouvrage est correctement réalisé.

Prenons l’exemple d’un mur de soutènement retenant plusieurs mètres de terre.

Si l’eau s’accumule sur toute la hauteur du remblai, une ou deux petites ouvertures situées au bas du mur peuvent ne pas suffire à assurer une évacuation efficace.

Le dimensionnement et la conception du système doivent être adaptés à la configuration du terrain, à la nature des sols, aux arrivées d’eau et à la géométrie de l’ouvrage.

Où positionner les barbacanes ?

Dans les ouvrages comportant des barbacanes, celles-ci sont généralement disposées dans la partie basse du mur afin de permettre l’évacuation de l’eau accumulée à l’arrière.

Leur implantation doit toutefois être réfléchie en fonction du fonctionnement global du système de drainage.

Il ne suffit donc pas de « percer quelques trous » dans un mur existant pour transformer celui-ci en ouvrage drainant.

Cette remarque est particulièrement importante lorsqu’il s’agit d’un mur de soutènement existant présentant des désordres.

Avant de créer des ouvertures, il convient notamment de comprendre :

  • d’où provient l’eau ;
  • comment elle circule derrière le mur ;
  • quelle est la nature des terres retenues ;
  • si un drainage existe déjà ;
  • comment les eaux sont évacuées en pied de mur ;
  • et si la stabilité mécanique du mur est compatible avec les travaux envisagés.

Une barbacane peut-elle éviter les infiltrations ?

Oui, dans certaines configurations, une barbacane peut contribuer à limiter les infiltrations ou les désordres liés à l’accumulation d’eau.

Mais elle ne constitue pas une solution universelle.

Une infiltration observée sur la face intérieure d’un mur peut avoir des origines très différentes : défaut d’étanchéité, remontées capillaires, fissuration, ruissellement, défaut de drainage, absence de coupure de capillarité, arrivée d’eau depuis un terrain voisin, etc.

La présence d’une barbacane ne permet donc pas, à elle seule, d’identifier l’origine d’un désordre.

De même, l’absence de barbacane ne signifie pas nécessairement qu’un mur est mal conçu : certains ouvrages peuvent disposer d’un autre système de drainage et d’évacuation des eaux.

L’analyse doit toujours être réalisée en fonction de la conception globale de l’ouvrage.

Pourquoi une barbacane peut-elle ne plus fonctionner ?

Une barbacane est un dispositif simple, mais elle peut perdre son efficacité avec le temps.

Plusieurs phénomènes peuvent provoquer son obstruction :

  • accumulation de terre ;
  • dépôts et boues ;
  • végétation ou développement de racines ;
  • débris divers ;
  • nidification d’insectes ou d’animaux ;
  • dégradation ou obstruction de la partie située derrière le mur.

Une barbacane parfaitement visible depuis l’extérieur peut ainsi être totalement ou partiellement obstruée en arrière du parement.

Lors d’un diagnostic, il est donc intéressant de vérifier non seulement l’existence des ouvertures, mais également leur capacité réelle à assurer l’évacuation des eaux.

Barbacane dans un mur ancien : un élément à préserver

Les bâtiments anciens comportent fréquemment des dispositifs d’évacuation des eaux qui peuvent aujourd’hui être mal identifiés.

Une ouverture dans une maçonnerie ancienne ne doit donc pas être systématiquement bouchée sous prétexte qu’elle paraît inhabituelle ou qu’elle laisse pénétrer de l’air.

Elle peut correspondre à une ancienne barbacane, à un dispositif de ventilation ou à une autre disposition constructive.

Avant toute intervention, il convient d’en comprendre la fonction.

Le principe est simple : un orifice dans un mur peut avoir une fonction constructive ou hydraulique qu’il ne faut pas supprimer sans analyse préalable.

Barbacane, chantepleure : est-ce la même chose ?

Le terme chantepleure est parfois utilisé comme synonyme de barbacane, notamment pour désigner une ouverture permettant l’écoulement des eaux à travers une maçonnerie.

Les deux termes peuvent cependant être employés dans des contextes historiques ou techniques différents.

Le Larousse donne notamment « chantepleure » comme synonyme de barbacane dans le sens d’une ouverture destinée à faciliter l’écoulement des eaux d’infiltration dans un ouvrage de maçonnerie.

D’où vient le mot « barbacane » ?

Le mot barbacane est attesté en français dès le XIIe siècle, mais son origine exacte fait l’objet de discussions étymologiques.

Le CNRTL indique plusieurs hypothèses, notamment une origine arabe ou persane, sans considérer l’étymologie comme définitivement établie.

L’Académie française retient aujourd’hui une origine probablement persane, à partir de bâlakhanah, terme désignant notamment un étage supérieur ou une terrasse sur un toit.

Ce qui est certain, en revanche, c’est que le mot possède depuis le Moyen Âge une double histoire.

À l’origine, la barbacane appartient au vocabulaire de la fortification : elle désigne un ouvrage avancé destiné notamment à protéger une porte ou un passage, ou encore une ouverture permettant de tirer sur les assaillants à couvert.

Progressivement, le terme s’est également appliqué aux ouvertures pratiquées dans les constructions pour permettre notamment l’évacuation de l’eau.

L’évolution du mot est finalement assez révélatrice : derrière un terme aujourd’hui très courant dans le vocabulaire du bâtiment se trouve un mot issu de l’architecture militaire médiévale.

La barbacane : un petit détail constructif à ne pas négliger

Sur un plan ou sur le terrain, une barbacane peut sembler n’être qu’une petite ouverture dans un mur.

Pourtant, elle peut participer à une fonction essentielle : la maîtrise de l’eau.

Or, dans le bâtiment, l’eau est souvent à l’origine de désordres importants lorsqu’elle n’est pas correctement maîtrisée.

Un mur de soutènement doit donc être considéré non seulement comme un ouvrage destiné à retenir des terres, mais également comme un ouvrage qui doit gérer les eaux susceptibles de se trouver derrière lui.

La barbacane constitue l’un des dispositifs possibles pour répondre à cette problématique.

Mais elle ne doit jamais être considérée isolément : la bonne gestion des eaux repose sur la cohérence de l’ensemble du dispositif de drainage et d’évacuation.


À retenir

Une barbacane est une ouverture pratiquée dans un mur permettant notamment l’évacuation des eaux.

Dans un mur de soutènement, elle peut contribuer à limiter l’accumulation d’eau derrière le mur et donc à réduire les pressions hydrostatiques.

Mais une barbacane n’est pas nécessairement un système de drainage complet. Son efficacité dépend de sa conception, de son implantation, de son maintien en état et de la manière dont elle s’intègre au dispositif général de gestion des eaux.

C’est précisément ce type de détail constructif, parfois discret mais techniquement important, qu’il est utile de savoir identifier lors d’une visite de chantier, d’une réception de travaux ou d’une expertise en construction.

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